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Chronique · Société · Satire

Autopsie du Ventre …

Entre autodérision, mémoire, colère politique et ironie, Christian Gombo Tomokwabini part de son propre ventre pour ausculter les contradictions du Congo et du monde.

À partir d’une vieille photographie et de quelques centimètres gagnés autour de la taille, Christian Gombo Tomokwabini entreprend une autopsie qui dépasse rapidement son propre ventre.

Autopsie du Ventre …
Christian Gombo Tomokwabini dans une photographie évoquée au début de la chronique
Christian Gombo Tomokwabini, dans une photographie plus ancienne évoquée au début de la chronique.

Ah, regardez ce cliché ! C'était le bon temps. Le temps où j'avais encore l'illusion de la jeunesse... et un semblant de silhouette. Je vous jure, j'ai aussi porté des chemises qui boutonnaient sans forcer. C'est vrai, je les enfilais ! Sans combat, sans sueur. C'était l'époque où le seul mystère que je portais était ce que j'allais bien pouvoir manger le soir.

Aujourd'hui, c'est différent. Mon corps a décidé de se rebeller, de prendre de l'ampleur. "Gros ventre", disent certains. Moi, je l'appelle "mon petit surplus d'âme", un témoignage vivant de ma générosité, ou peut-être juste une preuve que la bière congolaise est excellente et que j'en abuse un peu (mais chut, c'est mon secret !).

Christian Gombo Tomokwabini, photographie récente
Christian Gombo Tomokwabini, photographie récente.

Mais trêve d'autodérision, soyons sérieux un instant. Il y a pire que mon abdomen de bon vivant sur cette terre. Prenez Ebola, par exemple. Plus de 2000 Congolais fauchés, et le monde regarde ailleurs. Oh, ils voient, bien sûr. Mais aider ? C'est une autre histoire.

Il semble que pour le reste du globe, notre seule utilité soit dans ce que renferme le ventre de notre pays, dans ce coltan que tout le monde s'arrache. Pour nos corps, en revanche, les visas sont refusés, les portes se ferment. C'est plus pratique de nous laisser mourir entre nous, non ? "Sauve-nous de cette mort lente, calculée et planifiée, pauvre Muyembe", dis-je. Parce que, c'est clair, une fois que nous ne serons plus là, la voie sera libre pour qu'ils viennent s'installer chez nous et s'approprier les richesses dont ils ont tant besoin. C’est un plan de génie, il faut l'admettre.

Illustration éditoriale évoquant le Congo, la mémoire et la résilience
Illustration éditoriale — Congo, mémoire et résilience.

Et pendant qu'on se laisse aller à la mélancolie, il y a Trump, là-bas, qui se prend pour le Tout-Puissant. Vouloir rayer l'Iran de la carte ? C'est de l'ambition, mes amis ! Un grand malade. Et l'Iran qui lui répond que la force d'une nation, c'est la connaissance. C’est drôle, non ? On en apprend tous les jours.

Alors oui, j'ai une bedaine, c'est vrai, et je l'assume ! Au moins, moi, je suis obèse de plaisir et non de cruauté comme Kagame. Lui, il massacre des innocents chez nous et cherche la pitié pour un génocide dans son propre pays qui n’est qu'une bagarre de cour d'école comparée à l'horreur qu'il sème dans le nôtre. Et dire qu’il est mince... autant que sa bonne foi, je parie !

Bref, il n'y a pas que mon ventre dans la vie. Il y a la bêtise humaine, l'indifférence cruelle, les politiciens véreux... la liste est longue. Et puis, soyons réalistes, le panier circule encore. Un jour, peut-être, je réenfilerai mes chemises d'antan. Ou pas. Ou juste un petit peu. On verra bien.

À chacun ses vices, ses défauts, ses contradictions. Moi, j'ai mon ventre. Eux, ils ont leur cruauté. La République vivra, je vous le dis ! Et peut-être qu’un jour, on finira par rire de tout ça. Mais pour l’instant, on en rit jaune. Très jaune.

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À poursuivre

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